SantaREIM Partners : derrière le club deal hôtelier, le parcours trouble de ses fondateurs

SantaREIM Partners : derrière le club deal hôtelier, le parcours trouble de ses fondateurs

Quand une société de gestion promet 12% de TRI sur des hôtels 3 étoiles en région, financés en partie par de l’argent public, la première question devrait être : qui est aux manettes ?

SantaREIM Partners a été créée en janvier 2024 par Patrick Lenoël et Olivier Coustet. Les premiers projets sont sortis de terre sur la Côte d’Azur : l’hôtel du Comté de Nice à Beaulieu-sur-Mer, puis la Villa Rivoli à Nice. Cofinancement du Fonds Tourisme Côte d’Azur, de la Caisse d’Épargne, de Bpifrance. Sur le papier, tout est en ordre.

Sauf que Patrick Lenoël a signé les statuts de SantaREIM alors qu’il présidait encore Apicap, une société de gestion de fonds immobiliers. Apicap sera placée en liquidation judiciaire en juin 2025, agrément AMF retiré en août. Son fonds phare, Apicap Valo 5, était en cessation de paiements depuis avril 2024, trois mois après la création de SantaREIM. Trente ans de gestion immobilière, vice-président de l’ASPIM pendant dix ans, des postes de direction chez Antin Vendôme, Paref, Uffi REIM, Fiducial Gérance, et au bout du compte, une liquidation.

Le parcours d’Olivier Coustet soulève d’autres questions. Énarque, promotion Condorcet 1992, inspecteur des Finances, passé par le cabinet Raffarin à Matignon, il a ensuite mené une longue carrière entrepreneuriale au Brésil. Il y a fondé une boutique de corporate finance, Athos Capital Partners, puis développé B&B Hôtels Brésil via une joint-venture impliquant la banque Hottinguer et une holding luxembourgeoise.

A lire également : Club deal immobilier : un investissement exclusif et rentable

Le bilan brésilien est lourd. Athos Capital a été dissoute avec des dettes fiscales fédérales. Une procédure pénale a été ouverte à Rio, avant d’être classée faute d’avoir pu notifier Coustet, qui avait quitté le pays. Un gérant d’hôtel impliqué dans les montages s’est suicidé. Un jeune homme est mort après une chute lors d’une soirée clandestine organisée pendant le Covid dans un établissement lié à ses activités. Coustet a quitté le Brésil en 2022. En janvier 2024, il cofondait SantaREIM à Paris.

Deux avocats spécialisés en réglementation financière estiment que ces éléments suffisent à questionner les conditions d’honorabilité imposées par l’AMF pour diriger une société de gestion. Un prestataire de services d’investissement a d’ailleurs renoncé à structurer les club deals de SantaREIM après en avoir pris connaissance.

Le club deal hôtelier n’est pas un mauvais produit en soi. L’hôtellerie économique en France offre de vrais fondamentaux. Mais quand les gérants cumulent une liquidation récente et des affaires judiciaires à l’étranger, et que personne, ni le régulateur ni les cofinanceurs publics, ne semble avoir sourcillé, c’est l’ensemble du dispositif de contrôle qui interroge. Et c’est à l’investisseur, une fois de plus, de faire le travail lui-même.

Sources : enquête en deux épisodes publiée par la newsletter Zero Bullshit.